Déchéance

Sur un pic solitaire
Dans le ciel étoilé
Apparaît sans mystère
Une ombre écartelée
Celle d'un aigle royal
Aux plumes couleur de nuit.
Se reflète une lune pâle
Dans ses yeux de rubis
Qui fixent sans ciller
Une silhouette immobille
Qui sur le sol gelé
Gît dans le soir tranquille.
L'oiseau soudain descend
Et se pose avec grâce
Près du corps reposant
Sur une couche de glace
Celui d'un homme en armes
Un triste roi déchu
Qui par une traîtrise
La vie avait perdu
Sa tête auréolée
D'une antique gloire promise
Et se penchant tout près
L'oiseau verse une larme
Sur le front couronné.


>X<
Déchéance

# Posté le mardi 09 septembre 2008 05:48

Modifié le mardi 09 septembre 2008 13:17

Patience...

Sous la neige légère
Des fleurs de cerisier
Qui tombent, éphémères,
Doux flocons de pétales
Sur le gel de rosée
Perdus dans le dédale
Du léger vent qui passe
Il rêve à son amour
Lors que l'hiver trépasse.

Sous l'arbre centenaire
Aux couleurs fraîches et claires
Dans la petite cour
Pavée de pierre grise
Il rêve d'un autre jour
Que le soir temporise
Et il voit sa silhouette
Qui dans le crépuscule
Marche sur des fleurs violettes
Que ses pas ne bousculent.

Il se lève du banc
De pierre froide et moussue
Sans le moindre regard
Vers l'horizon lointain,
La colline bossue
Et les vieux écrans peints
Il n'a d'yeux que pour elle
Elle qui hante ses rêves
Les hante de façon telle
Qu'il ne connaît de trêve.

Mais lors qu'il s'en approche
Sous la pâle lueur
De l'astre de la nuit
Eclate en mille couleurs
La silhouette si proche
En des papillons bleus
Rouges et opalescents
Qui emportent avec eux
Sa vie d'adolescent.

C'était une illusion
De son âme qui danse
Et de folle déraison
Sa vieille blessure il panse
Le manque il comblera
Tranquille, sombre et patient
Quand elle lui reviendra
A travers routes et champs...
Patience...

# Posté le lundi 07 avril 2008 16:23

A Marie...

Monde bleuté sous le ciel noir
Angélique présence dont les ailes m'emportent
Rivage doré sur lequel je m'échoue
Invitation à l'espoir pour une âme perdue
Envoûtement magnifique qui fait vivre et mourir...

Je crois que l'amour m'a touché et m'emporte
Et je redoute un jour de tomber de très haut...

Tout ce que tu pourras dire ne me changera pas...

Avec de telles pensées que je ne puis oublier
Intervient dans ma vie une torture sublime
Magnifique et cruelle, voilà que pour toujours
Elle empêche mes sens de trouver le repos...

Pour mon âme blessée qui dans la nuit flamboie
Lumière incandescente dans la sombre pâleur
Une nouvelle étoile brille dans le firmament
Sous laquelle je rêve d'un jour pouvoir t'aimer

Quelle qu'en soit la raison je ne puis refuser
Une telle passion qui dans mon c½ur blessé
Enferme ma raison et l'empêche d'agir...

Tu es pour moi un être parfait et sans défauts
Onirique besoin que j'ai que de t'aimer
Une prière intense, voilà ce qu'est ceci
Tu es, je le crains fort, la fille de ma vie.

# Posté le dimanche 23 mars 2008 15:41

Rêveries solitaires

Rêverait-il ainsi s'il n'était différent
Celui qui par les simples est prit pour un mendiant
Qui pour les bonnes gens n'est qu'un ours mal léché
Mais qui pour les mendiants est un prince racé ?

Parlerait-il ainsi s'il n'était différent
Celui qui dans ses hardes semble si élégant
Lui qui dans son regard affiche sa fierté
Et dans sa poésie clame sa Liberté ?

Voyagerait-il ainsi s'il n'était différent
Celui qui dans sa vie reste simple et prudent
Qui supporte sans un mot du monde l'absurdité
Et d'honneur et courage se fait un bouclier ?

Et vivrait-il ainsi s'il n'était différent
Celui qui toute sa vie a méprisé l'argent
Et dont l'âme solide comme un sabre forgé
Lui permet de survivre parmi monts et forêts ?

Il subit sans se plaindre la méchanceté des hommes
Et vit parmi ceux-ci tout en restant sauvage
Celui dont une aïeule un jour protégea Rome
Et qui lorsqu'on l'attaque fait connaître sa rage.

Il n'a pas peur des chiens, pas plus que des chasseurs
Qui aujourd'hui le traquent pour avoir sa peau
Fuyant parmi les bois, franchissant un cours d'eau
Il ne craint pas leurs balles qui jamais ne l'effleurent.

Le voilà encerclé par des bêtes et des fous
Ignorant l'assassin et son couteau, le loup
Comme un jour l'a écrit le poète de Vigny
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
Rêveries solitaires

# Posté le mercredi 19 mars 2008 16:18

Modifié le dimanche 27 avril 2008 13:10

Folie...

Une flamme dans les yeux
Une rivière de feu
Qui coule dans ses veines
Comme le sang de la peine
Qui coule dans son âme
Comme le fer d'une lame...

Une vie dans le monde
Onirique et sans vie
Et dans la solitude
De son c½ur froid et gris
Il y a comme une sonde
Pleine d'amour meurtri...

Et l'amour d'une femme
Pour lui qui est maudit
Pour lui que l'on condamne
Pour sa triste folie
Le démon qui le damne
Et ses rêves de nuit.

Ange déchu chez les hommes
Le diable vit en lui
Il n'est pas dans les normes
L'amour n'est pas pour lui.

Et dans les mornes sens
Qui le maintiennent debout
Perce une sombre démence
Dans ses yeux couleur boue.

Et sous ses cheveux noirs
Comme l'aile d'un corbeau
Il parle dans le soir
Parle seul et ses mots
S'envolent dans le miroir
Qui reflète ses maux.

Dans sa peau brun foncé
Que les lèvres de cette fille
Ne caresseront jamais
Il survit et il brille
D'une lumière embrasée
L'aura de la folie
Et de la Liberté...
Folie...

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 14:20

Modifié le vendredi 01 février 2008 11:07