Amour déçu
Sous la pâle clarté
De l'astre millénaire
Qui les nuits illumine
Depuis son trône d'argent
Sur les bords de la mer
Rêve ce bel amant.
Il rêve à son amie
Qui par delà les flots
L'attend, l'attend toujours
L'attends sans dire un mot.
Et l'onde s'illumine
Mais il lui tourne le dos
La lumière alcaline
Se répand sur les eaux
Tandis que par dépit
L'homme s'éloigne de la mer.
Ô, belle lune d'argent
Prend pitié de cet homme
Et réchauffe lui le c½ur
De tes rayons glacés.
Il souffre au fond de lui
Il souffre de savoir
Que lui seul ressent
Ce si beau sentiment
Celui qui est d'aimer
Un être si parfait.
Car il n'est pas aimé
Par cet être pour qui
Il perd sa liberté
Qui compte plus que sa vie.
Des oreilles pointues
Un beau visage fin
Des cheveux longs et sombres
Et des yeux de félin
Le voilà dans les ombres
Qui pleure sans retenue.
Lune, beau disque d'argent
De ton royaume céleste
Prend pitié pour cet elfe
Ton humble serviteur.
Cet elfe qui jamais
De toute sa longue vie
Ne pourra oublier
Que son c½ur fut brisé
Restera pour toujours
Insensible à l'amour
Que pourrait lui donner
Une autre que son aimée.
C'est un de ses amis
Qui possède le c½ur
De la femme de sa vie
Qui elle de son côté
Ne l'aime que comme ami.
Ah ! si seulement il pouvait
Combattre son rival
Mais il est bien trop fort
Il se ferait tuer.
Et sous la lumière blanche
Il s'assoit sur la grève
Et se met à rêver
Les yeux perdus au loin.
Et il rêve d'un monde
Où il n'est pas un lâche.
Il rêve d'un autre monde
Il rêve sans relâche...
Mais si belle amitié
Et si grand dévouement
Restent un bon bouclier
Contre un malheur si grand.
Il se console ainsi
En espérant qu'un jour
Sous une lune comme celle-ci
Il connaîtra l'amour...